Atlas de l'exposition aux pollutions atmosphérique et sonore

Méthodologie

Participants et trajets réalisés

Plus de 90 trajets ont été réalisés par huit étudiants en études urbaines de l’INRS et un professeur responsable du projet durant le mois de juin 2016. Trois équipes de trois personnes chacune ont été formées : la première voyageait à vélo, la seconde en transport en commun et la troisième en automobile. Les trajets ont été effectués à partir d'un quartier périphérique de Montréal vers le centre-ville à 8 h et, dans l'autre sens, à 17 h. Ces trajets représentent plus de 60 heures de trajets et 1000 km collectés sur l’île de Montréal.
Les destinations sélectionnées au centre-ville sont soit des pôles d’enseignement supérieur – universités Concordia, INRS Urbanisation Culture Société, McGill et UQAM –, soit des pôles d’emploi importants comme la Tour de la Bourse et le Complexe Guy-Favreau. Quant aux origines, elles correspondent à l’intersection de deux rues résidentielles dans des arrondissements périphériques de Montréal, notamment Ahuntsic-Cartierville, Rosemont–La Petite-Patrie, Montréal-Nord, Verdun, Saint-Laurent, etc.
 

Mesurer le bruit et la pollution

Trois appareils de mesure ont été utilisés: 1) un exposimètre acoustique individuel (Brüel & Kjaer); 2) un capteur de qualité de l'air avec un senseur de (NO2) (Aeroqual); et 3) une montre GPS (Garmin 910 XT). Ces dispositifs nous ont permis de mesurer l'exposition des individus à la pollution de l'air (NO2) et au bruit (dB(A)), leurs fréquences cardiaques et d’obtenir une trace GPS du trajet.

Crédit photos : Gophrette Power.
 

Mesurer la dose de polluant de dioxyde d’azote (NO2) inhalée

En raison d’un niveau d’activité physique plus élevé que les automobilistes et les usagers du transport en commun, les cyclistes ont des niveaux de ventilation plus élevés. Autrement dit, ils aspirent plus de litres d’air par minute dans leurs poumons et inhalent ainsi plus de polluants atmosphériques. Par conséquent, il convient de comparer les doses inhalées entre les trois modes de transport en considérant ce paramètre ventilatoire. Par exemple, certaines études antérieures ont montré que bien que les niveaux d’exposition des automobilistes sont plus élevés que ceux des cyclistes, ces derniers inhalent plus de polluants.

Pour estimer précisément la ventilation et la dose inhalée de (NO2) le long des trajets, chaque participant a réalisé un test d’effort progressif et maximal au Laboratoire Activité Physique et Santé (LAPS) dirigé par Marie-Ève Mathieu à l’Université de Montréal. Par la suite, une équation individualisée entre la fréquence cardiaque et la ventilation a été obtenue pour chaque participant. Cette équation est utilisée pour estimer la ventilation durant les trajets à partir de la fréquence cardiaque mesurée par la montre Garmin. Finalement, en multipliant simplement la ventilation estimée (litres par minutes) et la valeur de pollution (NO2) mesurée par le capteur Aeroqual, il est possible d’estimer relativement précisément la dose inhalée en temps réel.


 

Crédit photo : Laboratoire Activité Physique et Santé (LAPS).