Atlas de l'exposition aux pollutions atmosphérique et sonore

Principaux résultats

Se déplacer aux heures de pointe à Montréal : l’automobile n’est pas significativement plus rapide

En moyenne, pour les trajets réalisés, les temps de déplacements sont de 38 minutes pour les automobilistes, 39 minutes pour les cyclistes et 42 pour les usagers du transport en commun. Les tests statistiques réalisés démontrent qu’il n’y a pas de différences significatives entre les trois modes. Par conséquent, utiliser l’automobile aux heures de pointe à Montréal pour des trajets d’environ 45 minutes n’est pas plus rapide que de se déplacer à vélo ou en transport en commun. Autrement dit, le vélo et le transport en commun sont des alternatives efficaces à l’automobile aux heures de pointe. En effet, pour les trajets réalisés, le cycliste arrive en moyenne une minute après l’automobiliste et l’usager du transport en commun 4 minutes après. En outre, cela ne tient pas compte du temps requis pour stationner l’automobile. Notons aussi que pour 25% des trajets, le cycliste est arrivé avant l’automobiliste (5 minutes ou moins).
 

Temps de déplacements
(en minutes)
Différences de temps par rapport
à l’automobile (en minutes)

 

L’exposition au bruit : des niveaux plus élevés pour les usagers du transport en commun et les cyclistes

En moyenne, les automobilistes sont exposés à des niveaux sonores de 66,9 dB(A), contre 69 pour les cyclistes et 73 pour les usagers du transport en commun. Cette différence est significative, ce qui indique que les cyclistes et plus particulièrement les usagers du transport en commun sont d’avantage exposés à cette nuisance. Les niveaux plus élevés observés pour les usagers du transport en commun s’expliquent notamment par l’utilisation du métro.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser la valeur guide de 55 dB(A) à l’extérieur durant le jour. De plus, dans la politique sur le bruit routier du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports, on recommande que le bruit n’excède pas 65dB(A) en bordure des voies de circulation. Ces valeurs sont clairement dépassées quel que soit le mode de transport utilisé.

 

L’exposition à la pollution atmosphérique (NO2) : pas de différences significatives et des valeurs bien inférieures aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

En moyenne, pour les trajets réalisés, les niveaux d’exposition au dioxyde d’azote (NO2) sont de respectivement 97, 101 et 96 μg/m3 pour l’automobiliste, le cycliste et l’usager du transport en commun. Il n’existe pas de différences significatives entre ces moyennes. Autrement dit, l’exposition au polluant n’est pas plus élevée pour le cycliste et l’usager du transport en commun comparativement à l’automobiliste. Soulignons que les niveaux d’exposition observés sont bien inférieurs (2 fois) à la norme de 200 μg/m3 recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

L’inhalation du polluant NO2 : des niveaux bien plus élevés pour les cyclistes

Bien que les expositions au polluant NO2 soient comparables d’un mode de transport à l’autre, les cyclistes inhalent près de 3 fois plus de polluant que les automobilistes. En effet, les cyclistes ont des niveaux de ventilation plus élevés. Autrement dit, ils aspirent plus de litres d’air par minute dans leurs poumons et inhalent ainsi plus de polluants atmosphériques.

 

Les deux graphiques ci-dessous démontrent clairement que les fréquences cardiaques et la respiration des cyclistes sont bien plus élevées, ce qui explique les niveaux d’inhalation supérieurs.

 

Des niveaux d’activité physique bien plus élevés pour les cyclistes

Sans surprise, les niveaux d’activité physique et de dépense calorique sont bien plus élevés pour les cyclistes comparativement aux automobilistes.

 

Synthèse des résultats

Les résultats du projet de recherche démontrent que :

  1. Les temps de déplacement ne sont pas significativement différents entre les trois modes de transport;
  2. Les niveaux d’exposition au bruit des usagers du transport en commun et des cyclistes sont significativement plus fort que les automobilistes;
  3. Les niveaux d’exposition au polluant NO2 ne sont pas significativement différents entre les trois modes de transport;
  4. Les doses de polluant NO2 inhalées sont 3 fois plus élevées pour les cyclistes que pour les automobilistes en raison de leur ventilation plus forte
  5. Sans surprise, les niveaux d’activité physique et de dépense calorique, de même que les bénéfices pour la santé sont bien plus élevés pour les cyclistes comparativement aux automobilistes.